Le blog de Morinière

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Le chacal et la corneille

M'avez-vous vu de loin ?
Ou bien êtes vous là, postés depuis toujours
Attendant que j'existe enfin et que je vienne
Sur la route, plein d'entrain et d'espoir

Vous hésitez je pense :
Vous saisir de moi et vous chamailler pour ma carcasse, 
Vous disputant la meilleur part.
Ou bien peut-être me suivrez vous dans la lumière
Pour la masquer de vos ombres longues
Et occuper le silence de vos bruyantes invectives
La colère et l'envie

Je vais m'assoir et vous regarder, patient
Un jour, bientôt ou dans longtemps
Votre haine de vous même sera obèse
Elle deviendra plus grosse que votre faim de moi
Et vous finirez par vous étriper l'un l'autre
Ensuite, j'avancerais sur vos os brisés

Le souffle

C'est la nuit sous les grands arbres
Quand tu viens, les pieds nus
Sans un bruit, tu tournes et tu as faim

Pourquoi est-ce moi que tu envisages ?
Et pourquoi te penches-tu sur moi,
Si froid et si aride, dans un craquement d'os ?

Moi qui suis à peine
Moi qui effleure le monde
Moi qui voulais toucher le ciel

Tu souffles et je m'en vais.
Au matin, c'est éparpillé sur la mousse,
Que je verrai le jour.

la balançoire

Toi en équilibre sous le brasier
Te balançant sans songe ni soucis
Et moi qui entends les derniers vestiges
De mes jeux innocents et simples
Qui craquent et qui crient dans les flammes

Je crains encore de me brûler 
De sentir ma peau fondre et se fendre
Et toi qui bascules, incandescence éphémère

Et si l'insouciance c'était de se laisser manger par le feu ?
Et s'il fallait continuer de s'émerveiller quand même, 
Dévasté dans l'enfer qu'on a de ses mains allumé ?

La tempête

Tu vois, j'y avais rangé beaucoup de choses
J'y ai caché des objets auxquels je tenais
J'ai laissé la table dressée et un feu au foyer
J'ai même rempli les verres d'un breuvage sucré
Aux murs il y avait des photos, des dessins
Au sol, la poussière n'est pas encore retombée

Mais j'ai déchiré le papier sur les murs et j'ai brisé le bois
J'ai donné des coups et j'ai crié fort
Si bien que ... regarde comme tout s'en va
Et j'ai senti comme tu me regardais tout ce temps
Longtemps j'ai tenu ta main chaude

Aujourd'hui je me demande seulement,
Toujours ma main dans la tienne,
Quel moment tu choisiras pour mordre ma chair
De tes dents ouvrir des plaies béantes
Alors que j'observe la tempête emporter ma maison

Sur le chemin

Est-ce toi que je vois, blafarde, sur le chemin
Est-ce toi qui flotte ainsi, somnambule
Est-ce toi qui assassine et qui enlace 

Vas tu laisser ce fardeau et tenir ma main un instant
Ou bien recueillir mon sang dans tes mains en coupe
Vas-tu lever tes yeux clairs
Ou les plonger dans ces entrailles

Choisis donc la tourbe ou l'eau claire
Etends-toi enfin sur ce lit
Laisse moi courir loin devant
Et fuir mes restes encore fumants

La harde

Si tu n'es que frôlement sur la mousse
Si ton souffle prend le son de la brise
Si tes songes glissent délicatement sur le monde

Alors peut-être, la harde des muses se tournera vers toi
Et viendra dans une folle course répandre la beauté
Sous ton regard incrédule, noyé par la grâce

Pourtant sois prudent et reste caché
Couvre toi les lèvres de tes mains fébriles
Car si tu te dévoiles tu verras qui se dissimule
Au coeur de la mêlée fragile et mouvante

L'épée palpitante et hideuse, ta faiblesse
Qui ricane et s'impatiente en rêvant
À toutes les fois où elle t'a percé le flanc.

Du vent dans les branches

Longtemps j'ai glissé, le pied alerte. 
Ne transportant que ma peau nue
Et le vent dans ma poitrine.
La nuit venue, le jour habitait sous mes voiles.
J'ai dévoré des baies sucrées 
Et humé les odeurs de châtaignes.

Et puis les ans et les pierres au fond du ventre,
Ces rameaux saisis, qui cassent ou qui pèsent
L'échine plie et fait le pas lourd.
Pourtant il y a le souvenir du parfum et du sucre,
Toujours le vent dans ma poitrine qui souffle sur mes branches 
Et qui sait où je vais alors que je suis dans l'ombre.

Absence et folie

Je vois bien que tu faiblis, et que ton souffle s'éteint
Que ton regard s'anime de la dernière angoisse

J'aimerais te rassurer et te dire que tout ira bien
Seulement, moi qui suis mort déjà, je mentirais 

Parce-que tu t'engouffres dans le néant 
Parce-que tu laisseras derrière toi un vide
Dans lequel tout se précipitera dans un tourbillon

Pour qu'à la fin plus rien ne soit 
Que l'absence et la folie

Le renne et le hêtre

Là où je trône, laisse ton coeur flâner
Sur le lit fatigué de l'an passé étends-toi 
Tu peux abreuver tes dernières heures sur mes pieds
Et sentir l'or danser sur toi, la sève filer sous ton corps las
Tu peux mourir ici si tu veux, c'est égal, personne ne le saura
Mais avant nourris-toi de moi.

La course

Où cours-tu ainsi et qui est après toi ?
As tu entendu une voix dans les noires enchevêtrements ?
As-tu frôlé la mort alors que tes cheveux se prenaient dans les ronces ?
Tandis que des mains brulantes glissaient sur toi
Tandis que tes fantômes tentaient de te soutirer une étreinte

As-tu peur alors que tes jambes faiblissent ?
Crains-tu de te tourner et d'affronter ce qui s'agite
Ce qui se tord dans la pénombre et qui gémit d'ennui et de rancoeur
Des papillons noirs dans la gorge et des griffes au fond des yeux

Si tu as peur, sais tu que tes pieds te trahiront
Et qu'ils t'emmèneront dans le gouffre, là devant ?
Ne fuis pas et laisses toi tuer une fois pour vivre deux fois.

Uchronie(s) : une petite planche

Aethernam est dans les bacs, je poursuit donc exclusivement sur Uchronie(s) ... pour le moment.

Pas mal de choses se profilent à court et moyen terme, toutes assez différentes et toutes enthousiasmantes.

En attendant,; la moitié de l'album est bouclée, il paraîtra dans le courant 2012 chez Glénat. Je connais à peu près la date précise, mais comme j'ai envie de faire mon chieur....

En attendant, voici une planche.

Hoplà 

Le Lierre

Ils glissent sur ta peau
Ils courent dans ta chair
Alors que tes yeux sont ailleurs
Absorbés par les ombres longues


C'est quand tu veux marcher plus loin
Et fouler, libre, l'herbe haute
Sentir le vent lécher ton corps
Que tu comprends que tu es vide

Que les j'aime et les j'aimais
Que les Jamais, les plus jamais
Avides, t'ont laissé exsangue
Et t'ont volé ta substance

REX

Pour sauver le poste du projectionniste d'un cinéma rural et peut-être bien sauver le cinéma lui même, nous avons mis en ligne une pétition.

D'autre moyen d'informer localement sont mis en place mais cette pétition est diffusée très largement.

Si l'accès à la culture en milieu rural vous importe, si le fait de de se débarrasser d'une personne ultra compétente, exigeante (trop??), bref la personne la plus à même de faire tourner le cinéma, vous semble pour le moins suspect,

alors signez la pétition. Merci d'avance pour votre engagement.

Pour signer, cliquez ICI

le GRR

(Groupement de Revendication pour le Rex)

L'Automne

Le vent souffle et le feu se répand
Tandis que jaunit le ciel dans la tourmente
Moi je veux encore m'adosser aux colonnes
Agitées et inquiètes elle restent pourtant
Et puis dans un élan insensé me précipiter
Dans le tourbillon virtuose et hystérique 
Je veux m'y noyer et que les nuées m'absorbent.

Sous un arbre

Etendu dans ton ombre
Qui me couve et m'apaise,
J'écoute ton murmure
Qui raconte ce qui grouille 
Comme ce qui s'élève.

Ainsi gisant et l'âme nue,
Je peux attendre que le monde cesse
Et que tous s'entre-dévorent 
En courant sur des cendres,
Alors que sous un arbre, je suis en vie.

Caché

Je sors des sous bois
Les pieds nus et terreux
Les yeux grands ouverts
Et je t'aperçois, 
Toi qui marche bien chaussé

Souliers vernis et complet gris
Tu avances, sûr de ta direction
Et tu m'inspires deux envies :
Me dérober à ton regard
T'arracher la gorge de mes dents

Dissimulé derrière une souche
J'entend ta démarche affairée
Et je sens ton odeur pesante
Je me demande, derrière ce masque,
Qu'as-tu donc à cacher ?

La Charogne et la fleur

Peau de lait 
Cheveux qui coulent
Sur l'échine courbe
Les pieds dans la mousse

Les ténèbres couvent
Un feu rouge 
Entre les droits piliers
Impatient de s'acharner

La paix à peine troublée 
Par la beauté et la brutalité
Dans un tourbillon entremêlés
étreinte furibonde et amoureuse

Où d'une charogne nait une fleur.

Petit Matin : Le Chevreuil et l'Enfant

Aux premières lueurs je t'entend qui rode
Et qui te demande encore pourquoi,
Alors que maint fois tu aurais pu m'étouffer
Dans mon sommeil oublieux,
Tu t'es contenté de m'observer, inconscient.

Et lorsque j'entrevois ton ombre fuyante
Je sens ton regard lourd posé sur moi
Et qui me dit : "une autre fois je serais moins courtois 
Et je prendrais le temps de me repaître de toi".
Depuis je bat la campagne, content d'être vivant.

The Owl

À l'heure où tout devient incertain,
La nuit me visite dans ses voiles blafards.
Elle se pose lentement sur moi 
Et, avec une douceur infinie,
Arrache à ma chair ce qui fait de moi un homme.

Lorsqu'elle s'enfuira en bruissant à peine,
Elle me laissera exangue et pantelant.
J'observerais alors mes restes frémissants
Et je verrais que c'est avec mes chaines
Que la nuit va nourrir ses enfants.

Aethernam Livre 2 : Cover

Cette fois, l'album est bouclé et en route pour l'impression très prochainement. 

Sa sortie est prévue dans le courant du mois de novembre (autour du 10 il me semble). Je vous confirmerais ça. Par contre, pour ceux qui ont la chance d'aller au festival "Quai des Bulles" de Saint Malo, il se peut qu'il y soit en avant première. Autrement, nous serons, Samély et moi, en dédicace au festival BDBOUM de Blois en Novembre.

Voici la couverture en attendant de voir l'album dans les bacs. 

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